Les « guérilléros » oranais à l’assaut de l’art de l’urgence.
By admin On 1 أبريل, 2013 At 11:54 مساءً | Categorized As فنون / ثقافة | With 1 Comment

Par Ghalem BOUHA

Si, un jour vous visiterez Oran, par un samedi ou un jeudi,  faites un tour du coté du centre commercial El Anik chez Ratiba propriétaire du café Indigo. Vous trouverez y une nouvelle génération de jeunes artistes en herbe, en pleine maturité ou tout simplement gratteurs de guitares et autres instruments de bonheur. Ils ont l’air de …. Il ne faut pas trop y croire car ils sont uniques et chacun d’eux en est un,  mais quand il le faut  ça descend dans la rue. La plus part porte des casquettes, des barbichettes, ou queue de cheval mais ils bougent avec leurs sensibilités espagnoles, latino-américaines, algéroises ou oranaises. Allez savoir pourquoi, ils se sont baptisés « guérilleros » ?

Ce samedi 30 mars le café Indigo a vibré haut et fort de toutes les notes et de tous les sons de musiques. En toute allégresse et allègrement  les musiciens, artistes et leurs amis se sont adonné à leur passion commune qui est cette tendre convivialité d’être ensemble et de partager des moments d’enchantement inouï.

En bonne franquette, ils se sont partagé l’espace et les instruments, les uns jouaient, chantaient, tapaient des mains et les autres servaient le café ou s’occupaient à recevoir les invités ou à jouer au service d’ordre car dans cette spontanéité apparente il y avait une organisation rigoureuse et ils savent bosser quand ils le veulent et quand ils le décident sauf qu’il ne faut pas trop leur gonfler les bonbons.

Ils s’appellent Minou, Rafik, Amine ou Yacine peut importe, ils ont décidé pour une fois de conjuguer le verbe créer au collectif du présent et du futur et qu’il n’y aura pas de vedette à part cette volonté de briser le mur de l’isolement, de chacun pour soi et celui de la médiocrité nationale.

Et

basta ! Pour un moment, pour une soirée dans la pure tradition des jazzmen, ils se sont relayés pour des « jam sessions » où spontanément ils tapaient le bœuf comme on dit en passant du rock au blues, du hip- hop au chaabi et du rap au rai. On sentait qu’il  y avait une sorte d’appropriation consciente ou inconsciente de plus d’un siècle de culture algérienne et universelle.

Il n’y avait pas seulement de la musique, les dessinateurs et les caricaturistes étaient aussi de la partie. Pendant que les uns se produisaient sur scène, les autres dressaient haut la main leurs portraits par des coups de crayon.

Au fonds de l’autre coté de la salle, des data shows projetaient « Octobre » le film d’Eisenstein ou « l’homme à la caméra » de Tziga Vertov, histoire de bien signifier quelques origines.

Coté moyens, les organisateurs ont utilisé des projecteurs de chantier, la sono a été prêtée gracieusement par l’association du petit lecteur et le reste par leur propre sueur.

Pendant tout ce temps là, la maitresse des lieux, Mme Ratiba tout en vaquant à ses occupations d’hôtesse surveillait d’un coin de l’œil le chat ou plutôt une chatte pleine qui profite de cette ambiance pour venir chatouiller les plantes et le joli lierre moucheté ornant le café.

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