Femme journaliste Algérienne : Comment sortir des rubriques féminines
By admin On 25 ديسمبر, 2012 At 03:27 مساءً | Categorized As سياسة | With 1 Comment

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Souhila MASSARY

Les femmes représentent aujourd’hui plus de 46% des journalistes, une proportion qui devrait croître puisque 60% des élèves à l’Institut national des sciences de l’information et de la communication sont des filles. Femme et journaliste. Il y a quelques années de cela, ces deux caractéristiques étaient beaucoup plus un obstacle pour la femme dans une société fermée qui ne lui facilitait pas la tâche. Aujourd’hui, que cela soit dans la presse, quotidienne nationale, régionale, à la télévision, ou à la radio, les femmes sont là et sont largement majoritaires.
Souvent affectées aux rubriques considérées comme féminines, telles que sociale, éducation et famille, elles ont fini par occuper les rubriques sportive, économique et même politique. “La profession s’est féminisée à une cadence accélérée et a tendance à croître puisque la majorité des élèves de l’école de journalisme sont des filles”, nous dit Mme Naïma Nefla Boulares, rédactrice en chef du quotidien le Jeune Indépendant. “C’est vrai que les femmes sont de plus en plus nombreuses dans le domaine de la communication. Mais elles le sont moins dans les postes supérieurs. Si elles sont rédactrices en chef ou adjointes, il n’en demeure pas moins qu’elles n’ont jamais pu accéder au-delà de ces postes”, selon notre interlocutrice. Si les postes de responsabilité sont proposés aux femmes, la majorité d’entre elles refuseraient parce qu’il n’y a pas de moyens d’accompagnement. “Beaucoup de femmes préfèrent être des pigistes ou collaboratrices. Ce n’est pas parce qu’elles ne veulent pas être permanentes ou fuir la responsabilité, mais parce que les conditions sociales ne leur sont pas favorables. Les responsables des médias privés ou publics et les syndicats doivent se pencher sur la question des moyens d’accompagnement et d’évolution de sa carrière. Il faut également lui donner sa chance dans les postes de responsabilité”, dénoncera Mme Boulares. Si les femmes journalistes sont encore souvent affectées aux rubriques traditionnellement considérées comme féminines, telles que le social, l’éducation et la famille — là encore comme en politique, les verrous sautent de plus en plus vite. Aujourd’hui, le nombre de celles ayant embrassé une carrière de reporter à la radio ou à la télévision s’est accru. Ainsi, elles ont investi le domaine de la politique, de l’économie, de l’environnement, du sport, des sciences et même de la politique étrangère. Elles ont également atteint le domaine du reportage, dossiers et enquêtes qui étaient la chasse gardée des hommes.
Aujourd’hui, le seul obstacle de ces femmes journalistes est celui d’accéder aux postes de décision. Pour le premier responsable du quotidien la Tribune, M. Hassan Bachir Cherif, “dans le monde de la presse, les femmes sont majoritaires et y sont dans quelques postes de responsabilité. Nous avons une rédactrice en chef, une responsable de la PAO, une comptable et des chefs de rubriques femmes”. Le même avis est partagé avec Mme Hadda Hazem, directrice générale de la publication du quotidien arabophone El Fadjr : “La femme a le droit d’accéder aux postes de responsabilité. Si certaines le refusent, c’est par rapport à la société qui ne lui permet pas de rester tard et d’abandonner ses responsabilités de mère de famille. C’est à la société de suivre l’évolution de la femme qui, malgré toutes les difficultés, est en train d’avancer. Il y a des postes de responsabilité assurés par des femmes tels que secrétaire de la rédaction, chef de rubrique sportive et société, mais il lui reste encore des défis à relever, et c’est à elle seule de le faire. Je dirai aussi que la profession doit s’organiser pour un meilleur avenir et conditions de travail. Cela fait 10 ans que je suis à la tête de ce journal, j’avoue que cela n’a pas été facile du tout. Le journalisme est un métier prenant qui exige des sacrifices. Une vie qui colle à la peau.” Si le paysage médiatique algérien a connu au moins deux femmes responsables de deux journaux arabophones, à savoir El Massa et El Fadjr, il est inutile de chercher une femme à la tête d’une chaîne de télévision ou d’une station de radio.

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  1. Un excellent moment passe en votre compagnie, merci enormement pour cette bonne lecture.

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